C.A.R.D.I.E. Cellule académique recherche, développement, innovation, expérimentation

L’apport des neurosciences pour l’école maternelle, une conférence de Catherine Guégen

29 / 01 / 2015

CANOPE Val-de-Marne © CARDIE Créteil, 22/01/2015

Dans le cadre de la journée académique de l’école maternelle organisée par la CARDIE de Créteil, le 22 janvier 2015, la pédiatre Catherine Guéguen, spécialiste du développement émotionnel et affectif de l’enfant est venue donner une conférence aux IEN et formateurs présents au CANOPÉ. Elle est l’auteur de plusieurs livres dont
Une enfance heureuse, (Robert Laffont, 2014).

Catherine Guéguen, CANOPE Val-de-Marne © CARDIE Créteil, 22/01/2015

Les travaux des neurosciences affectives et sociales sont quasiment inconnus en France. Ils nous apprennent pourtant que le cerveau du jeune enfant est fragile, vulnérable, malléable et immature. L’environnement social et affectif de l’enfant agit directement sur le développement physique, cognitif et affectif de son cerveau.

Ce que nous apprend l’épigénétique (qui mesure l’influence de l’environnement sur nos gènes et les transformations du cerveau) est que le cerveau, en fonction de notre vécu, sécrète des molécules (« positives » ou « nuisibles ») qui régulent les émotions, affectent ou développent les capacités d’apprentissage et s’inscrivent même à terme dans les gènes sur une ou plusieurs générations.

En cas de stress, de traumatismes ou de mauvais traitements répétés, (humiliation physique ou verbale, violence familiale ou institutionnelle), les molécules créées empêchent un développement harmonieux des fonctions affectives et cognitives.

Il semble important de rappeler ici, l’incapacité à maîtriser ses émotions chez l’enfant jusqu’à 5-6 ans. Il est donc inutile, voire néfaste de lui demander « d’arrêter sa colère », de « cesser ses comédies » ou de lui faire les « gros yeux » puisque son circuit cérébral n’est pas terminé et qu’il sollicite à ce stade seulement son cerveau reptilien. Le dialogue rassurant permet le retour au calme et construit peu à peu le modèle approprié de « gestion de son stress ».

À contrario, les encouragements, le « maternage » par les parents, la bienveillance en famille et à l’école, et les moments agréables en général permettent de sécréter l’ocytocine, molécule qui favorise le bien-être, l’empathie. Elle diminue le stress chez l’enfant et l’adulte. Il apparaît donc essentiel de développer ce cercle vertueux dans les classes).

L’ocytocine, véritable « molécule du bonheur », est étudiée par de nombreux chercheurs (ailleurs qu’en France) et les travaux, pour récents qu’ils soient, sont extrêmement poussés et fiables. Les résultats convergent et prouvent que l’ocytocine augmente le BNNF (facteur de croissance) en déclenchant la sécrétion d’endorphines, de sérotonine et de dopamine (molécules indispensables pour le bien-être, le plaisir de vivre, l’allant, la motivation, la créativité etc.)

D’où la nécessité d’une formation des enseignants sur les résultats de ces travaux, complétant les recherches des neurosciences cognitives.
Une formation des enseignants à la communication non violente par exemple, pour ne pas léser la formation du circuit cérébral et des différentes parties du cerveau, serait une piste de progrès et une proposition pertinente. D’autres démarches existent, mais qui s’avèrent plus difficiles à intégrer dans une formation de base généralisée.

 
Dernière mise à jour :
03 / 07 / 2018
Directeur de publication :
Catherine Ferrier