C.A.R.D.I.E. Cellule académique recherche, développement, innovation, expérimentation

Réflexions autour d’une classe sans note

11 / 03 / 2015

La CARDIE de Créteil a accompagné un groupe d’enseignants sur le travail par compétences dans une classe sans notation chiffrée au cours de l’année 2013-2014. Voici le fruit de leurs réflexions à travers huit écrits.

Cette contribution a été réalisée, grâce à l’accompagnement d’un groupe de travail composé de plusieurs professeurs par la CARDIE. Voici un premier aperçu de leur travail dans les lignes qui suivent. Retrouvez la version intégrale de leur production à la fin de cet article.

Les classes sans notes n’ont pas pour but de simplement retirer les notes ou de les remplacer par un autre système, comme des lettres mais bien de travailler autrement pour et avec les élèves.

Sabah Cariou, professeur des écoles, s’est interrogée sur la nécessité d’un travail d’équipe transdisciplinaire pour identifier des besoins plus personnalisés et pour favoriser un transfert de compétences travaillées en groupe. Elle a mis en place un blog au service des apprentissages des élèves. Des collégiens de 6 e animent ce blog dans leur établissement classé « Réseau d’éducation Prioritaire + ». Le collège Les Capucins est situé dans une Zone Urbaine Sensible (ZUS) de la périphérie de la ville de Melun (77), en Seine-et-Marne. Il accueille essentiellement des élèves issus de familles défavorisées et dispose de personnels spécifiques pour mieux répondre aux difficultés rencontrées par les élèves (premier écrit).

Au collège Langevin Wallon (450 élèves), situé dans la ville de Rosny-Sous-Bois (93) en Seine-Saint-Denis, Pascal Vite, enseignant depuis 4 ans en mathématiques, s’est engagé avec une équipe pédagogique volontaire, dans un projet de classe de sixième sans notation chiffrée (deuxième écrit). Pour lui, travailler sur le développement de l’autonomie des élèves, la maîtrise de la langue et l’interdisciplinarité permet de changer sa façon d’enseigner.« Le travail par compétences n’est pas une « solution miracle », il part simplement d’un constat qui, je pense, est général : la manière d’enseigner ne convient plus à une majorité d’élèves. Il faut donc mettre en place de « nouvelles » méthodes d’enseignement favorisant la réussite de tous. »

Le collège Jean Macé à Fontenay-sous-Bois (94), est un collège classé ZEP, de 650 élèves et comportant des classes SEGPA et une CLA. Professeure d’histoire-géographie depuis 17 ans, Florence Venerandi s’est toujours engagée dans les projets interdisciplinaires tels que les IDD, dans les différents établissements dans lesquels elle a enseigné (collège ou lycée).
lors de l’année de la mise en place de ce groupe de travail accompagné par la CARDIE, elle faisait partie d’une équipe de professeurs ayant choisi d’évaluer deux classes de sixième par compétences, donc sans notation chiffrée, dans la continuité de ce qui est pratiqué en primaire. elle a choisi de s’interroger sur ce qui maintient la motivation des équipes engagées dans les classes « compétences (troisième écrits).

Céline Bodard-Devaux qui enseigne au lycée Marx Dormoy à Champigny-sur-Marne (94) a souhaité créer des classes sans notation chiffrée en classes de seconde au lycée où le socle commun de compétences ne s’applique pas ordinairement puisqu’il est réservé à la période de la scolarité obligatoire. Elle sa souhaité justement approfondir ses pratiques pédagogiques à travers le prisme des compétences sur deux années. Pour ce faire, elle a mis en place l’année précédente, un livret de compétences en auto-évaluation (compétences formulées à partir du référentiel du programme de français de seconde). Elle relate son expérience dans le quatrième écrit de ce groupe de réflexion.

Raphaël Benjamin qui enseigne au collège Issaurat de Créteil (94) l’anglais au collège Louis Issaurat depuis 2008, s’est lancé dans un projet visant à aider tous les élèves à développer plus de compétences. Dans son texte (cinquième écrit), il fait état de la façon dont il essaie d’entretenir la motivation des élèves, notamment des élèves en réussite, dans un système ne décernant plus de notes. Il s’est appuyé sur des serious game. Le name-tag d’une de ses élèves, orné de smileys autocollants, témoigne de l’utilisation par les élèves, de ces autocollants symbolisant ou non la réussite, en dehors du cadre des évaluations.

Au collège Jean Moulin de La Queue-en-Brie (94), Julie Tetrel s’est attaqué dans sa réflexion au difficile problème du temps nécessaire pour mettre en place des classes sans notations chiffrée. Le temps est, en effet, l’obstacle le plus fréquemment annoncé pour refuser l’entrée dans ce type de travail,elle s’est donc interrogée après une année de fonctionnement sur le rôle détenu par le temps dans l’expérimentation d’une classe sans note en 6e (sixième écrit).

Arnaud Pousset s’est interrogé sur l’outil informatique le plus adéquat pour faciliter le travail par compétences en équipe (septième écrit). Il lui apparaît évident que la suppression des notes est une entrée pour développer le travail par compétences et l’école du socle. C’est toute la place de l’évaluation qui est à modifier. L’évaluation n’est plus sommative à la fin de chaque chapitre mais bien formative et en continu. L’utilisation d’un logiciel tel que « sacoche » est alors importante pour faciliter la mise en place de remédiation et permettre à un élève qui le souhaite de demander à être évalué de nouveau sur une compétence.

Élise Denomme, enseignante au collège Monthéty pour prévenir la difficulté scolaire, a souhaité réfléchir sur l’anticipation dans le cadre d’un cours d’histoire-géographie pour faire réussir les élèves (huitième écrit).

Les écrits du groupe de travail

1- Comment hiérarchiser les besoins des élèves pour les accompagner au mieux ?

2 - Pourquoi se lancer dans un tel projet quand on est un jeune professeur de mathématiques ?

3- Qu’est-ce qui maintient la motivation des équipes engagées dans des classes sans notation chiffrée ?

4- Qu’est-ce qui pousse à travailler par compétences au lycée ?

5- Comment motiver les élèves ?

6- Retour sur la mise en place d’une classe à évaluation non chiffrée : le temps ennemi ou allié ?

7- Quel outil pour faciliter le travail par compétences en équipe ?

8- Anticiper pour faire réussir en Histoire- Géographie ?

Texte © CARDIE-Académie de Créteil