C.A.R.D.I.E. Cellule académique recherche, développement, innovation, expérimentation

Les LéA 2020-2021 de l’académie de Créteil

09 / 12 / 2020

Qu’est-ce qu’un LéA ?

Les Lieux d’éducation Associés à l’IFÉ (les LéA) sont des lieux (établissements scolaires, associations, réseaux, etc.) où des équipes de terrain travaillent avec des chercheurs sur un projet de recherche.

A la rentrée 2020, 5 LéA sont en cours dans l’académie de Créteil

LéA 2TEM Réseau d’écoles de Champigny (94) et Beynes (78)



Ce Léa est implanté dans deux académies, celles de Versailles et de Créteil. Deux circonscriptions sont concernées : la circonscription de Champigny 2 (Créteil) et celle de Beynes (Versailles).
- Sur Champigny sur Marne, participent au Léa les écoles de Jacques Solomon et Anatole France A et B et du collège Elsa Triolet qui constituent le REP+ Elsa Triolet.
- Sur Beynes, il s’agit d’un regroupement d’ écoles de plusieurs villages du 78 (Richebourg, Orgerus, Boissets, Saint Martin des Champs, Villiers le Mahieu, Prunay le Temple). Ce Léa regroupe 20 enseignants de classes de cycle 3 exerçant pour la plupart dans des doubles niveaux.

Ce Léa propose un travail centré sur la résolution de problèmes numériques, à partir de l’élaboration de ressources produite en collaboration avec les enseignants.
Une attention particulière est donnée à l’usage de brouillons comme outil pour permettre aux élèves d’avancer dans leur mathématisation des problèmes, mais également pour permettre aux enseignants de gagner en compréhension de l’activité des élèves à partir de l’analyse de leurs traces. La comparaison de la mise en œuvre dans deux territoires contrastés favorise l’étude des régularités et des variabilités des pratiques enseignantes selon leurs contextes d’exercice.
Des différences dans la composition des collectifs sont à souligner quant à leur ancienneté dans le métier, leur position dans l’institution (maitres formateurs sur Beynes).
Une autre différence importance est à souligner : le collectif de Champigny préexistait au Léa (enseignants du réseau REP+) alors qu’à Beynes les enseignants n’appartiennent pas à la même équipe pédagogique.

Des séquences vont être produites et diffusées sur les apprentissages numériques et sur la résolution de problèmes avec une attention particulière sur les questions de langage en relation avec les fonctions de l’écrit (écrit pour chercher, écrit pour modéliser, écrit pour communiquer).

LéA Classes coopératives Lycee FEYDER (93)




Les classes coopératives - accompagnement des pratiques d’expérimentation en lycée travaillent avec le laboratoire EMA (Ecole, Mutations, Apprentissages) et le laboratoire LIRDEF (Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche en Didactique, Éducation et Formation).
Les chercheurs Sylvain Connac (Université Paul-Valéry de Montpellier / LIRDEF) et Bruno Robbes (Université de Cergy-Pontoise / EMA) participent également à ce LéA.

Les classes coopératives du lycée Jacques Feyder d’Épinay-sur-Seine (93) recouvrent un groupe de professeurs qui met en œuvre des pratiques pédagogiques se référant à la coopération scolaire.

En 2016-2017, une classe de seconde a été mise en place autour de trois professeurs, rejoints par d’autres. Une deuxième classe de seconde a vu le jour en 2017-2018 avec 4 professeurs supplémentaires. Depuis 2018, quatre classes existent : deux secondes générales, une première STMG et une terminale, avec un nombre croissant de professeurs engagés. Ces classes concernent donc près d’une centaine d’élèves, sur les 1566 élèves du lycée, issus de milieux socio-économiques défavorisés.

L’hétérogénéité des classes, intuitivement associée à une possible entrave à l’apprentissage et à une difficulté de gestion de classe, est ici envisagée comme un potentiel moteur au développement des compétences de chacun. Ces classes placent donc la coopération entre pairs au cœur des apprentissages scolaires et psychosociaux pour susciter la motivation, renforcer la persévérance scolaire et lever les obstacles d’apprentissage pour les élèves qui n’ont que l’école pour réussir, essayant ainsi de lutter contre le décrochage scolaire.

La recherche conduite s’inscrit dans le champ de la coopération entre lycéens en situation d’enseignement/apprentissage. Elle prend la forme d’une « recherche-action collaborative » où enseignants et chercheurs universitaires s’associent pour penser, construire et conduire collégialement une démarche de recherche : questions de départ, détermination de la problématique et des objets de travail, édification du dispositif méthodologique, organisation de la collecte et de l’analyse des données, croisement des résultats obtenus sous la forme de restitutions. Sa visée est la transformation des pratiques et la construction de connaissances scientifiques.

La problématique de recherche adoptée est : quels types de conflits apparaissent dans les contextes de classe coopérative lorsque les élèves sont confrontés aux situations problèmes ?

Des collectes de données (enregistrements de situations de conflits socio-cognitif et entretiens d’auto confrontation) donneront lieu à des communications scientifiques (3 envisagées) et à la publication d’articles scientifiques (2 envisagées). Des articles dans des revues professionnelles sont également prévus. L’élaboration d’un parcours M@gistère est envisagée, à l’adresse des formateurs et enseignants de classes coopératives.

LéA Collège-Lycée Plaine commune - 93



Ce LéA travaille avec le MedAHS, le CREN, le CHS.

Il est consacré aux liens entre médiation(s) scientifique(s) et apprentissages des élèves en histoire sociale. Il rassemble des enseignants d’histoire-géographie et un professeur documentaliste du collège Jean Lurçat de Saint-Denis et du lycée Le Corbusier d’Aubervilliers, ainsi que des chercheuses des INSPE de Nantes et de Créteil et du LARHRA de Lyon II.

Il est né d’un projet d’exposition porté par l’AMuLoP (association pour un musée du logement populaire du Grand Paris), dont plusieurs membres du LéA font partie. Cette association fondée en 2014 a pour objectif de créer un musée d’histoire sociale en banlieue parisienne. Une exposition de préfiguration est prévue pendant l’année scolaire 2021-2022 à la cité des 800 logements à Aubervilliers. C’est en réfléchissant aux médiations en direction des publics scolaires que les membres de l’association ont eu l’idée de lancer une recherche-action dans des établissements du territoire.

Notre projet de recherche se fonde sur un ensemble de constats :

  • Le premier constat est celui d’un prisme négatif, plus ou moins consciemment imposé par les programmes scolaires, à l’étude des territoires de banlieue, des classes populaires et de leur dimension multiculturelle. Chez les élèves de banlieue populaire, ce prisme favorise une distance très forte entre l’histoire scolaire nationale et les histoires individuelles locales, notamment migratoires, au risque de faire obstacle à leurs apprentissages en histoire.
  • Ces premières observations croisent un constat plus général sur les pratiques pédagogiques au sein des musées et des expositions d’histoire. On remarque une difficulté des enseignants, comme des institutions visitées, à construire des supports didactiques qui articulent les enjeux de savoir scolaires et les enjeux scientifiques des savoirs historiques exposés.

Notre LéA veut mettre au travail trois hypothèses :

  • Le parti-pris de la micro-histoire d’immeuble et donc d’une histoire incarnée de la banlieue parisienne peut être un moyen d’éprouver avec les élèves le lien entre histoires vécues et histoire française contemporaine et ainsi entre savoir social et savoir scolaire.
  • La mise en exposition pour et par les élèves permet de penser l’exposition comme une transposition didactique du savoir issu de la recherche historique en cours.
  • La construction à terme de ressources numériques pérennes, prolongeant l’expérience muséographique, permettra d’élargir la focale en questionnant également les représentations et les apprentissages d’élèves de toute la France sur les quartiers populaires de banlieue.

Le LéA aspire à des productions pédagogiques et scientifiques. Il s’agira en effet de faire travailler les élèves sur la mise en exposition du savoir, dans le lieu réel de l’exposition mais également dans le "musée virtuel" qui en découlera. Ce travail des élèves, accompagné du cadrage théorique et professionnel des enseignants, composera donc un corpus de ressources pédagogiques accessibles de manière pérenne.

D’un point de vue scientifique le LéA pense organiser plusieurs rencontres (journées d’étude / ateliers de recherche) mettant au travail le lien entre recherche scientifique / médiation / apprentissage scolaire. Au delà de ces temps de rencontre, organisés avec les partenaires du projet (AMuLoP, CREN, CHS-Paris 1, Institut Convergence Migrations - Condorcet), l’objectif est également de porter un ensemble de publications scientifiques en didactique de l’histoire (articles) mais également dans un cadre pluridisciplinaire (histoire, didactique, sciences de l’information et de la communication, sociologie, géographie) au sein d’ouvrages collectifs.

LéA RéCoRéLy (Résumer pour Comprendre et Réfléchir au Lycée) Le Corbusier Aubervilliers



Ce LéA travaille avec le laboratoire CIRCEFT.

Notre projet est né du constat empirique, partagé par un ensemble de professeurs de différentes disciplines (lettres, histoire-géographie et mathématiques principalement), de l’existence de difficultés communes à un certain nombre d’élèves, portant sur la compréhension des contenus des cours (qu’il s’agisse des documents écrits ou oraux utilisés, ou bien du discours du professeur lui-même), mais aussi de leurs visées et de leurs enjeux.

Le Lycée Le Corbusier se situe à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Comme le rappelle le projet académique de l’Académie de Créteil, le contexte social que connaissent les élèves explique que ceux-ci aient des difficultés d’accès au savoir et au langage scolaires : les attentes de l’école restent parfois opaques à leurs yeux, le vocabulaire des différentes disciplines et l’implicite ne leur sont pas toujours familiers. Nous constatons alors la difficulté de certains des élèves à entrer dans l’univers des savoirs et à les mobiliser dans des activités langagières et une langue orale ou écrite qui soient celles visées par l’École parce que ce sont elles qui permettent de penser, de raisonner et d’apprendre. C’est la raison pour laquelle le projet d’établissement du Lycée Le Corbusier fait de la maîtrise des usages langagiers disciplinaires un axe prioritaire.

Notre travail de recherche se veut ainsi transdisciplinaire. Il prend pour objet la compréhension par l’élève d’un énoncé oral ou texte écrit dans une situation collective ou individuelle. Il s’agit alors de s’interroger sur les dispositifs didactiques et pédagogiques qui favorisent ou, au contraire, font obstacle à la compréhension ainsi qu’à la reformulation pertinente d’un contenu disciplinaire. Notre investigation portera principalement sur les pratiques de langage qui sont en jeu dans le cadre scolaire impliquant éventuellement des questions linguistiques.

Outre notre volonté d’améliorer les pratiques didactiques et pédagogiques, nous souhaitons trouver un moyen d’accompagner les élèves vers une meilleure maîtrise de la compréhension des discours de la classe et des disciplines et de leurs implicites :

  • Un premier temps de notre action de recherche sera donc consacré au diagnostic précis des difficultés de compréhension des élèves.
  • Dans un second temps, ce diagnostic sera mis en relation avec les pratiques des enseignants.
  • Un troisième temps du Léa visera à élaborer puis à expérimenter un certain nombre d’outils visant l’amélioration de la compréhension comme de son évaluation par les enseignants. Cette étape fera l’objet d’une évaluation continue des résultats obtenus, par les chercheurs et les enseignants eux-mêmes. Les pratiques des différents enseignants seront ajustées au fur et à mesure, de manière à prendre en compte les résultats de ces évaluations.
  • Enfin, une dernière étape consistera à formaliser différents outils ou dispositifs permettant la diffusion des résultats de notre recherche : articles de recherche coécrits par les chercheurs et les enseignants volontaires, modèles de séquences de cours susceptibles d’être diffusés au sein de la communauté enseignante, séances de formation proposées au sein de l’académie de Créteil.

Production(s) et ressource(s) envisagée(s) de septembre 2019 à août 2022 :

  • Publications et communications scientifiques, articles de recherche
  • Publications et communications professionnelles : sur le site internet du Lycée Le Corbusier, sur le site de la Cardie etc.
  • Action de formation au PAF
  • Ressources pour la formation : des grilles d’évaluation des difficultés de compréhension des élèves, des grilles d’évaluation de l’impact des dispositifs mis en place
  • Ressources pour l’enseignement : des exemples de séquences ou de chapitres seront proposés dans les différentes disciplines associées au projet

LéA Evaluer le Lycée innovant du Bourget (ELIB) - Lycée innovant Germaine Tillion - Le Bourget



Ce LéA travaille avec les laboratoires LIPHA et LIRTES.

Le Lycée Germaine Tillion du Bourget a ouvert en septembre 2014. C’est un établissement de secteur entièrement expérimental, situé au nord de la Seine Saint-Denis, qui accueille 700 élèves en filières générales et technologiques (L, ES, S, STMG) ainsi qu’un Microlycée de 52 élèves en filières ES et L (ouvert à la Courneuve en 2009, installé en 2014 au Bourget)

Il propose aux élèves une offre scolaire cohérente et unifiée, pour favoriser un climat de travail rassurant et exigeant : l’interdisciplinarité y est présente à tous les niveaux, les pratiques d’évaluation y sont constructives et bienveillantes, le suivi des élèves y est individualisé. Le travail en équipe n’est pas un vœu pieux : chaque semaine, l’intégralité des enseignants se réunit, sur leur temps de service, pour une concertation entre pairs, véritable « poumon » de l’établissement. Le lycée, qui se veut un lieu de co-formation et d’échanges de pratiques, implique une réflexivité permanente des personnels. Il a obtenu, le 29 mars 2017, le « Prix des écoles et établissements innovants » aux Journées nationale de l’Innovation.

A la suite des premiers travaux dans le cadre du LéA, la recherche se dessine selon trois étapes importantes :

  • Un travail monographique précis de l’établissement par les chercheurs engagés, puisque le projet de Recherche porte sur l’ensemble de l’établissement, dans une démarche proche de celle de la sociologie des organisations.
  • La définition de trois problématiques centrales, sur lesquelles l’équipe de chercheurs produira des pistes d’analyse, et de travail pour l’établissement, dans une perspective d’éclairage d’autres pratiques, et de transférabilité à d’autres établissements. Ces problématiques (ou axes de questionnement) sont :

- Parcours personnels et engagements professionnels au sein de l’équipe
- Gouvernance, division des tâches et mise en œuvre du travail éducatif dans une organisation expérimentale
- Établissement expérimental et institution Éducation nationale.

  • Une mise en œuvre de ces pistes, et une analyse des évolutions observées, suite aux premiers travaux des chercheurs, toujours dans une perspective d’essaimage et d’amélioration du projet.

Au terme de la recherche, l’équipe du LéA se fixe comme objectif la publication d’un ouvrage, inspiré, notamment, du travail d’Agnès Van Zanten dans l’Ecole de la périphérie (PUF, 2001).



Pour aller plus loin : les LéA sur le site de l’IFE.