C.A.R.D.I.E. Cellule académique recherche, développement, innovation, expérimentation

Signature des contrats de suivi des expérimentations

20 / 10 / 2015
28 septembre 2015, réunion au rectorat des acteurs innovants et expérimentaux

Nous pourrions dire qu’ "apprendre à apprendre" est un exercice difficile et que le décliner en expérimentations, recherches, études en laboratoire, s’inscrit dans une démarche logique d’innovation". Aux yeux de nombreux enseignants, l’innovation permanente est nécessaire au plaisir d’enseigner.

Cette année, près de 11 expérimentations pédagogiques seront mises en œuvre dans les trois départements de l’académie. Hasard de la géographie, cette année comptabilise plus de projets en Seine-et-Marne.

Ces expérimentations qui réclament de déroger à la règle et d’obtenir ainsi l’aval de l’institution sont soumises à l’article 401-1 du Code de l’Éducation. Elle font par conséquent, l’objet d’un contrat au lancement de leur mise en œuvre, renvoyé et signé au rectorat, entre la rectrice et les chefs d’établissement concernés. En juin dernier, le conseil de validation des projets, présidé par la rectrice a examiné avec soin les demandes nouvelles.

La qualité, l’originalité, la faisabilité, la rigueur ont compté parmi les critères.

La CARDIE assurera le suivi et l’accompagnement de ces expérimentations qui s’échelonnent sur 2 ans. Elle ne manquera pas de les valoriser et de participer à leur diffusion soit par son site soit par des événements qu’elle organisera comme par exemple, la journée académique de l’innovation.

Le 28 septembre, les acteurs porteurs de ces projets en provenance des trois départements de l’académie et Élisabeth Laporte, IA-DASEN du Val-de-Marne avaient fait le déplacement jusqu’au rectorat à l’invitation de Béatrice Gille, rectrice de l’académie pour la signature des contrats. Dans la simplicité, chacun a pu échanger avec Madame la rectrice au moment d’apposer les paraphes et autour d’un pot de l’amitié à la fin de la séance.

Lors de sa prise de parole, elle a précisé et interrogé l’assistance « Il faut beaucoup d’expérience pour innover. L’expérience est-elle un facteur d’innovation ou un frein ? L’innovation est tout ce qui fait la vie des établissements. Notre mission est d’arriver à imaginer les besoins de nos élèves avec leur intelligence diverse pour réussir au mieux. »
Reconnaissante envers les équipes qui se lancent dans ces expérimentations, elle a citer quelques exemples souhaitant que les équipes se sentent les plus libres possibles dans leurs innovations car nous sommes dans un monde de grands changements technologiques. « Nous avons à cœur de former les enfants d’aujourd’hui qui seront les adultes de demain dans un monde future qu’il nous est difficile d’imaginer. Les enfants de 3 ans qui entrent en maternelle aujourd’hui auront 30 ans en 2052. Comment innover et élargir notre champs de vision dans ces conditions ? »

Voici deux exemples de projets nouveaux retenus, sans que cela porte ombrage aux autres expérimentations tout aussi audacieuses.

Pour le premier degré…

A Villeneuve-Saint-Georges (94), l’école maternelle et l’école élémentaire Paul Bert, en grande section de maternelle, dans le cadre du dispositif national « Plus de maîtres que de classes », prévoit l’intervention d’un ou d’un(e) professeur(e) des écoles en surnuméraire dans le but d’élaborer des critères de réussite explicites afin d’impliquer davantage l’élève dans la conscientisation et l’évaluation de ses apprentissages : un élément clef du nouveau programme de la maternelle.

Pour le second degré…

À Émerainville, au collège Van Gogh, des professeurs vont expérimenter une classe coopérative en 6e. Elle implique un conseil d’élèves, un atelier transdisciplinaire (mathématiques, français et histoire-géographe), des travaux libres inspirés de la pédagogie Freinet mais aussi des pratiques pédagogiques communes, un temps d’accueil, des tutorats entre pairs, un livret de compétences sans note, une éducation pratique et critique des médias et une ouverture aux parents. On est là dans l’esprit de la réforme du collège.

Au Bourget, au microlycée du 93, comme au lycée expérimental du Bourget, les Travaux Personnels Encadrés prendront la forme d’une exploration d’une controverse scientifique. Le projet s’inscrit dans le cadre du projet Idefi FORCCAST dépendant de l’ANR, l’Agence nationale de la Recherche. C’est une éducation intellectuelle mais aussi citoyenne.

L’an dernier, ce projet déjà expérimental qui ne touchait que les élèves du microlycée du 93 les a conduit à participer à 4 jours d’atelier hors-les-murs à Sciences-Po. L’expérience a été très bénéfique pour les 25 élèves raccrocheurs de la classe de 1ière. Cette année, l’idée, est de poursuivre cette expérimentation du microlycée et de la généraliser au lycée du Bourget. Il s’agit donc d’entraîner, en parallèle, à la controverse les 280 élèves du lycée général et de mobiliser les équipes pédagogiques. Sciences-po ne pouvant accueillir tous ces élèves, viendra au Bourget pour ces élèves de seconde, plus jeunes puissent s’approprier ce projet. L’enjeu est de réussir cette diffusion qui entre dans le cadre de l’Enseignement Moral et Civique (EMC), nouveauté de cette rentrée. De plus, cela brise les frontières entre littérature et sciences et entre les disciplines de manière plus générale. Surtout, dans cette expérimentation, les professeurs doivent laisser de côté leur statut disciplinaire. Des séances de travail de plusieurs demi-journées sur un temps dédié spécifique, entre novembre et février, sont également prévues.

Parmi le cru du bac 2015 du microlycée, les controverses ont donné lieu à des études menées sur l’exploitation du gaz de schiste en France ou sur la procréation médicalement assistée, mais aussi sur les effets du redoublement ou sur la question de la liberté de l’information dans l’affaire Wikileaks. Ce projet permet aux élèves de tester plusieurs formats de restitution, parfois même en les combinant : en plus des sites web, les élèves peuvent proposer des vidéos, comme ce fut par exemple, le cas du groupe qui a travaillé sur l’euthanasie. Le groupe qui a travaillé sur les dangers des pilules contraceptives de troisième et quatrième génération a créé un magazine. Enfin, un fichier audio donnait accès à une vraie-fausse émission radiophonique de quarante-cinq minutes sur la délicate question “Peut-on parler de musique noire ?”
Pour l’année 2015-2016, les lycéens vont choisir en ce début d’année les thèmes de leurs controverses. Elles seront probablement aussi variées et révélatrices de leur curiosité. En mars, une simulation des débats auront lieu dans l’établissement pour toutes les classes concernées en même temps. tout l’établissement participera à cette répétition géante, instillant le goût critique de la prise de parole : Un événement que la CARDIE de Créteil suivra avec attention.


Pour en savoir plus

- L’article L 401-1 du Code de l’Education